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La consommation abusive de l’alcool entraîne des conséquences fâcheuses et destructrices sur le corps humain. Elle semble devenir un danger permanent dans la ville de Kinshasa, précisément chez les jeunes.

La commercialisation et la consommation de l’alcool deviennent de plus en plus inquiétantes dans la ville-province de Kinshasa. Les compagnies brassicoles locales ne sont plus les seules à gagner la sympathie du peuple kinois. Des quantités importantes de boissons alcoolisées indigènes (comme l’alcool éthylique dit « lotoko »), rivalisent avec la consommation abusive de l’alcool importé (comme « samarino », « vodka » ou d’autres produits de la même trempe). La prolifération des industries de fabrication de whisky de tous genres, expose beaucoup de jeunes – surtout ceux de la capitale congolaise – au danger de se réfugier dans l’alcool. Car beaucoup de ceux-ci croient s’échapper aux difficultés de la vie en se soûlant à petits frais. Bien au contraire, ils se tuent et se meurent lentement et progressivement. Comme il n’y a pas de fumée sans feu, il s’avère alors important de cerner les différentes causes qui participent à la mort latente de quelques jeunes kinois par un usage immodéré des boissons alcoolisées, d’en déceler les éventuelles conséquences, afin d’en entrevoir des pistes de solutions.

  1. La consommation abusive de l’alcool : un fait réel

À Kinshasa, diverses causes aboutissent à la consommation incontrôlée de l’alcool, aussi bien chez les jeunes que chez les adultes. Dans la plupart des cas, les motivations qui justifient la présence d’une foule grouillante dans les buvettes, bistrots, bars ou terrasses situés à Matonge, à Lemba, à Yolo ou sur le boulevard KIMBUTA (à N’djili)… constituent le témoignage d’un peuple qui se console dans le verre. Il se console de sa pauvreté, de ses déceptions amoureuses, de son chômage, du coût de la vie qui semble devenir intenable, etc. Pour bien des gens, les bars sont ces lieux publics ciblés où ils affermissent des liens d’amitié ou de fraternité autour d’un verre. C’est ainsi que certains Kinois épuisent et écornent, en un week-end, toutes les économies amassées pendant toute la semaine, voire pendant un mois tout entier, avant de sombrer dans l’ivresse. Les filles libres ou en quête des copains ou de « petits amis », saisissent de telles occasions pour se taper de quoi s’acheter du pain au petit matin.

À côté des bars et terrasses où des produits brassicoles vident les poches d’un peuple qui prétend crier misère, il existe à Kinshasa des buvettes clandestines appelées aussi Nganda. Elles accueillent tout le monde à bras ouverts : jeunes gens et vieilles gens. Certaines de ces buvettes clandestines sont des hangars implantés dans quelques parcelles qui reçoivent chaleureusement les consommateurs de l’alcool éthylique (lotoko) ou d’autres boissons du même genre. Ces constructions sommaires qui laissent à désirer sont généralement en tôles ou faites de rameaux. D’autres buvettes clandestines sont au service des industries de production de whisky de toutes sortes (zododo, fibo, etc.). Dans ce cas, elles s’implantent dans les avenues de Kinshasa, où elles accueillent généralement des jeunes et des adultes désireux de se griser à un prix réduit. Avec un billet de deux-cents francs congolais, ils ont déjà accès à une gorgée de « supu na tolo », dont ils ignorent le dosage ou le pourcentage d’alcool. Au final, c’est toute la société congolaise qui en pâtit, en subissant des conséquences fâcheuses à moyen et à long terme.

  1. Des conséquences insoupçonnées de l’usage incontrôlé de l’alcool

La consommation de l’alcool n’est pas prohibée. Il reste qu’un usage abusif ou incontrôlé n’est pas conseillé. La prudence exige que la juste mesure soit respectée. Une fois que le juste milieu n’est pas observé, diverses conséquences peuvent advenir.

Dans des milieux de jeunes, il s’observe que la délinquance, le banditisme (le kuluna), le vol, le viol… s’accompagnent souvent d’une consommation immodérée de liqueurs et d’autres boissons fortement alcoolisées. Dans certains cas, des jeunes gens se contentent de s’abreuver de boissons très fortes avant de semer la terreur et la pagaille dans les rues et ruelles de Kinshasa. D’autres se munissent d’armes blanches (machettes, couteaux, baïonnettes, etc.), afin d’agresser les paisibles citoyens congolais. Souvent, ils le font dans un état d’ivresse. Le comble, c’est de remarquer que même les conducteurs de véhicules (chauffards) et les motocyclistes (appelés communément « wewa » à Kinsahsa), ne savent pas faire la part des choses entre le « boire » et le « conduire ». Certains d’entre eux se grisent jusqu’à la lie pendant qu’ils sont en plein boulot ou au volant. C’est l’une des raisons qui expliquent le nombre croissant d’accidents de circulation enregistrés dans les différentes artères de la ville de Kinshasa. C’est ainsi que des pertes en vies humaines connaissent des avancées significatives lorsque l’environnement est pollué.

La consommation de l’alcool peut contribuer, dans une certaine mesure, à la pollution de la nature. D’une part, la prolifération des bars et buvettes expose la population congolaise, en général, et kinoise, en particulier, à une pollution sonore inouïe. Les clients ainsi que la population qui avoisinent ces débits de boissons, sont parfois en proie à une surdité inéluctable. Surtout lorsque le volume de la musique balancée, est maximal. D’autre part, les consommateurs des liqueurs mises en bouteilles plastiques concourent, eux aussi, à la dégradation de notre « maison commune ». Des études des experts attestent que la dégradation d’une matière plastique s’opère progressivement au bout des cinq siècles. Entretemps, le sol devient infertile. D’où l’urgence de trouver des mesures adéquates pour réduire le nombre de décès liés à la consommation immodérée de l’alcool.

  1. Des pistes de solutions

Pour réduire les cas de décès liés à un usage abusif de la boisson, plusieurs mesures peuvent être prises :

  • Une consommation lucide et modérée ;
  • Le déploiement d’une commission de censure (en l’occurrence l’Office Congolais de Contrôle), quant à l’importation des boissons alcoolisées venues d’ailleurs ;
  • Un maximum de contrôle et de mainmise du gouvernement sur les différentes industries de fabrication du whisky implantées à Kinshasa et tenues aussi bien par les nationaux que par les étrangers ;
  • L’exigence d’une franche collaboration entre le ministère de l’environnement et la police urbaine, afin d’épargner aux habitants de Kinshasa (surtout les jeunes) la pollution sonore et la consommation d’un poison qui le tue à petit feu.

Pour atterrir, il s’avère important que nous éclairions les lanternes. Nous n’avons nullement fustigé la consommation d’une quelque boisson fermentée ou alcoolisée. D’ailleurs, nous entendons souvent dire que le vin réjouit le cœur… Mais au moins, compte tenu des conséquences nocives qu’une consommation outrée pourrait entraîner et influer négativement sur l’homme et la nature, il paraît urgent que les jeunes kinois fassent preuve de sobriété et de modération – pourquoi pas d’abstinence dans la mesure du possible ! – car, l’alcool semble devenir un éteignoir, surtout lorsqu’il n’est pas pris avec mesure. « La vie vertueuse passe par le juste milieu », nous rappelle Aristote. Celui qui prend en grande quantité et démesurément des boissons alcoolisées, semble dire à ce vilain mortifère : « Tue-moi lentement ! ».

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