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L'Église notre mère nous aide à commémorer le 8 février de chaque année la Sainte Joséphine Bakhita. L'histoire merveilleuse de cette sainte mérite d’être scrutée avec beaucoup d’admirations face à l’inattendue grandeur de Dieu. Bakhita, cette esclave soudanaise entre dans les ordres en Italie à la fin du XIXe siècle et canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II.

En effet, la petite soudanaise fut enlevée de son pays à l’âge de 7 ans, vendue comme esclave, et vit dans des conditions physico-psychologiques infra-humaines jusqu’à 19 ans. Achetée par le consul d’Italie à Khartoum, elle quitte le Soudan pour la Vénétie et devient religieuse après un incroyable et périple parcours.

Cependant, son destin bascule évidement quand elle fut achetée par ce dernier, qui, finalement, la ramena en province vénitienne. Et bien, sa noirceur effrayait les villageois superstitieux; par conséquent, elle devient l'objet de moqueries, de vexations... Bakhita ne comprend pas grand-chose sur ce qui se disait autour d'elle puisque ne sachant parler l'italien moins encore le dialecte vénitien.

Une sainte sans nom ?

Bakhita n’est pas le nom de naissance de la sainte religieuse mais c’est un nom, d’après plusieurs sources, donné à la petite esclave par les trafiquants du commerce humain. Ce nom signifierait "la chance" ou " la chanceuse". Et oui, ce nom devient un "destin" et donne à la sainte une empreinte très particulière : Une sainte unique au monde dont le vrai nom a été oubliée à cause des atrocités qu’elle a enduré. Ligotée aux chaînes lorsqu’elle fut capturée et vendue, maltraitée et traitée de tout sauf ce qui pouvait faire d’elle une personne humaine. En réalité, quand la violence et la douleur s’embrassent au quotidien de sa vie cela a des graves répercussions sur la santé tant physique que psychologique et engendre la haine envers ses bourreaux. Ce qui n’a pas été le cas pour la jeune esclave. Vendue plus d'une fois, elle connut pas mal des patrons pour qui elle travaillait sans relâche mais elle arrive à offrir l’amour. C’est comme l’arbre qui absorbe le gaz carbonique et renvoie l’oxygène. Cette attitude ne peut que nous laisser perplexe a tel enseigne que l’on se permet de nous demander est le nom de Bakhita peut encore signifier "chance" ou peut devenir "providence"

De la chance à la providence

Effectivement ce qu’on appelait « chance » est devenu providence. Vendue quatre fois, le dernier de ses maîtres l’inscrit dans un collège religieux d'où les sœurs s'occupent de son éducation. Elle se sentait mieux dans sa peau et désirait d’y rester. Mais ses « propriétaires » ne voulaient pas abandonner la brave esclave. Ainsi, un procès retentissant avait eu lieu... unissant les plus hauts prélats, Bakhita obtient gain de cause et entre dans les ordres. Elle sera par la suite la cuisinière pour des orphelines de l’institut et/ou de l'école des Sœurs canossiennes. Outre cette lourde tâche, elle s’occupera également de la sacristie et de l’accueil. Devenue religieuse canossienne ou filles de la Charité de Vérone qui est un institut religieux féminin de droit pontifical. Dans son livre "Bakhita, une fille puissante" Véronique Olmi dit que déjà âgée, le corps meurtri par les services de ses années d’esclavages, Bakhita sera exhibée lors de longues tournées dans toute l’Italie pour récolter les fonds pour la mission en Afrique. Encore une fois, on peut dire sans peur d’être contredit que Bakhita peut être présentée comme modèle de sainteté particulière teintée de beauté de la vérité qui n’a pas besoin toujours des consentements humains pour se manifester.

Comment approfondir la vie de la sainte esclave ?

Voulez-vous approfondir la vie de Bakhita, ses pensées et son parcours de sainteté ? Désirez-vous prier et demander l’intercession de la Sainte Bakhita dans votre vie ? Maria Losako, trophée de la charité, une initiative de la Société Saint Paul prépare une grande 5eme édition le 8 mars 2018 pour célébrer la fête de la femme en mettant en exergue la figure de Marie, Reine des apôtres, modèle des femmes d'hier, d'aujourd’hui et à jamais. L’année passée, Maria Losako, durant son concert marial avec comme thème : Anuarité et le respect de la Parole donnée avait d’octroyer à Quinze personnes les Trophées Maria Losako, Trophée de la Charité à cause, pour les uns, du respect à leurs engagements au service des nécessiteux et aux autres pour leur assiduité dans la contribution à la Béatification d’Anuarité. Cette année, l’initiative Maria Losako a choisi comme thème : Bakhita, Victoire du Bien sur le mal.

 Voulez-vous en savoir plus ? Lisez Spe salvi, l'encyclique sur l'espérance du Pape Benoît XVI au n°3. Dit-il: « Bakhita, elle n'avait connu que des maîtres qui la méprisaient et qui la maltraitaient, ou qui, dans le meilleur des cas, la considéraient comme une esclave utile. Cependant, à présent, elle entendait dire qu'il existait un « Patron » au-dessus de tous les maîtres, le Seigneur des seigneurs, et que ce Seigneur était bon, la bonté en personne. Elle apprit que ce Seigneur la connaissait, elle aussi, qu'il l'avait créée, elle aussi – plus encore qu'il l'aimait. Elle aussi était aimée, et précisément par le « Patron » suprême, face auquel tous les autres maîtres ne sont, eux-mêmes, que de misérables serviteurs. Elle était connue et aimée, et elle était attendue. Plus encore, ce Maître avait lui-même personnellement dû affronter le destin d'être battu et maintenant il l'attendait « à la droite de Dieu le Père ». Désormais, elle avait une « espérance » – non seulement la petite espérance de trouver des maîtres moins cruels, mais la grande espérance: je suis définitivement aimée et quel que soit ce qui m'arrive, je suis attendue par cet Amour. Et ainsi ma vie est bonne. Par la connaissance de cette espérance, elle était « rachetée », elle ne se sentait plus une esclave, mais une fille de Dieu libérée ».

Père Abedi Alphonse, ssp

Initiateur du Trophée Maria Losako

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