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Alors que se tient à Rome le Synode des évêques sur les jeunes, le Pape François célébrera, le dimanche 14 octobre 2018, une messe, au cours de laquelle seront canonisés quatre fils et deux filles de l’Eglise Catholique Romaine : le Pape Paul VI, Mgr Oscar Romero, deux prêtres diocésains italiens (Francesco Spinelli et Vincenzo Romano), une religieuse allemande (Marie-Catherine Kasper), ainsi qu’une religieuse espagnole (Nazaria Ignace de Sainte-Thérèse de Jésus). Cet évènement de grande envergure est, en effet, un projet de longue date que le Souverain Pontife avait pris soin de confirmer officiellement au cours du consistoire ordinaire public du 19 mai 2018.  La Famille Paulinienne, œuvre du bienheureux Jacques Alberione répandue à travers le monde, attend impatiemment voir le Pape Paul VI s’élever aux honneurs des autels.

Né à Concensio (Italie), le 26 septembre 1897, Giovanni Battista Montini est le 262e évêque de Rome. En hommage à Paul V qui mit en œuvre les décisions du Concile de Trente, le Cardinal Montini, une fois élu Pape en plein Concile Vatican II, choisit le nom de Paul VI. Son mérite reste celui d’avoir donné une impulsion nouvelle audit Concile ouvert en 1962 par son prédécesseur Jean XXIII.  Au cours d’un pontificat de15 ans (soit du 21 juin 1963 au 6 août 1978), Paul VI a imprimé l’image d’un Pape réformateur. Il est, en réalité, le premier Souverain Pontife de l’époque contemporaine à voyager hors d’Italie. L’on se souviendra de son pèlerinage de 1964 à Jérusalem, au cours duquel il rencontra le patriarche œcuménique de Constantinople Athénagoras Ier. Ses voyages à travers le monde restent empreints d’un sens pastoral.

Si aux Africains il lança un constant appel à être eux-mêmes leurs propres missionnaires, à l’Eglise de l’Amérique latine, le Pape Paul VI assigna la tâche de prendre position en faveur des plus pauvres. Cette semence plantée en terre latino-américaine a produit du bon fruit : l’héroïsme de Mgr Oscar Romero. Ce fut précisément pendant la célébration eucharistique qu’il présidait en date du 24 mars 1980 dans la chapelle de l'hôpital de la Divine Providence que Mgr Oscar Arnulfo Romero, alors Archevêque de San Salvador, fut tué par les « escadrons de la mort ». Il représente une figure de proue de l’Eglise en terre latino-américaine, le symbole de l’Eglise rempart des opprimés. Les injustices dénoncées par cet « évêque des pauvres » et « défenseur des paysans sans terre », lui ont valu un prix : le martyre! Pour avoir pris la défense des plus pauvres et dénoncé les abus de l’armée salvadorienne pendant la guerre civile qui déchira le pays, il reste un prophète pour notre temps. Béatifié le 23 mai 2015, Mgr Romero est donc de ceux qui ont pris au sérieux l’invitation de Paul VI. Les deux bienheureux ont tâché de se tenir compagnie jusqu’au bout : même dans leur processus de canonisation.

À travers ses lettres encycliques, homélies et discours, Giovanni Battista Montini reste bien vivant dans la mémoire collective de l’Eglise et de tant d’hommes et de femmes de bonne volonté. Sa lettre encyclique ‘‘ Humanae vitae ’’ portant sur le mariage et les régulations des naissances – parue le 25 juillet 1968, et dont nous célébrons en cette année le cinquantenaire de publication, – reste d’une actualité inouïe. Il fut béatifié le 19 octobre 2014, suite à la reconnaissance officielle de la guérison d’un nourrisson américain victime d’une malformation intervenue au cours de sa vie intra-utérine.

De son vivant, Montini ne tâcha pas seulement de se lier d’amitié avec les grandes personnalités intellectuelles de son époque comme Jacques Maritain, Maurice Zundel et Jean Guitton, mais aussi avec des ecclésiastiques. À Jacques Alberione, le Pape Paul VI témoignera de l’affection et de la proximité. Au cours de l’audience du 28 juin 1969 accordée à l’admirable Famille Paulinienne (famille dont fait partie la Société Saint-Paul), il ne se garda point de manifester son admiration à l’endroit de l’infatigable apôtre communicateur : « Notre Père Alberione a donné à l’Église de nouveaux moyens d’amplifier et de revigorer son apostolat, de nouvelles capacités et une nouvelle conscience de la valeur et de la possibilité de sa mission dans le monde moderne avec les moyens modernes (…) ». Il accompagnera celui dont il avait tant vanté le zèle apostolique jusqu’aux derniers instants de sa vie. Sur son lit de mourant, Alberione  reçut la bénédiction et la dernière  absolution de la part de son ami Montini, le 26 novembre 1971, quelques minutes bien avant sa mort.

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