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Le mercredi 22 mai 2019 en Italie fut marqué par la présence du Prix Nobel de la Paix 2018, Dr Denis Mukwege ‘‘l’homme qui répare des femmes’’. Invité par la Société Saint Paul dans le cadre de la XVe édition du Festival Biblique (Festival Biblico) organisé par le Centre Culturel Saint Paul Onlus (Centro Culturale San Paolo Onlus) par le biais de son président le père Ampelio Crema, ssp.

Atterri à Fiumicino dans la Cité éternelle où il fut accueilli avec pompe avant de se rendre au Vatican pour un petit moment d’échanges avec le Souverain Pontife François, à l’issue de l’audience générale aux environs de 10h. Aux après-midi, il quitta Rome pour la quatrième aire urbaine européenne, la Bourse italienne, la Ville de Milan où il a tenu une conférence inédite sur Le cri d’un peuple étranglé et le combat du docteur Denis Mukwege. Quelle espérance pour l’Afrique ? (Il grido di un popolo strangolato e la lotta di dottor Denis Mukwege. Quale speranza per l’Africa ?) à l’auditorium Giacomo Alberione.

En effet, le gynécologue congolais a débuté son exposé en remerciant la Société Saint Paul pour son apostolat qui l’a aidé dès son jeune âge et qui continue à nourrir épistémologiquement, moralement et spirituellement le monde en particulier l’Afrique. Le Prix Nobel de la paix a ensuite évoqué plusieurs sujets, notamment : son travail, la violence et les viols sexuels, la justice réparatrice, la situation socio-politique, etc. Dit-il : ‘‘le respect de la dignité humaine, c'est très important. Nous vivons dans un paysoù la vie humaine n'a plus de valeur : les gens peuvent tuer pourn'importe quoi. Nous sommes un pays laïc dont plus de 80% de la population est chrétien, il faut enseigner aux gens les valeurs de l’amour, de la considération de l’être créé à l'image de Dieu... Cette dignité que nous devons avoir est une grande valeur que nous sommes en train de perdre du jour au lendemain. Absolument, il faut se ressourcer, il faut collaborer avec les hommes et femmes qui croient à cette valeur que Dieu nous donnée’’.

Dit-il : ‘‘on m’appelle l’homme qui répare les femmes, une appellation que je trouve moins bonne !   Malheureusement, ce nom est utilisé puisque ces femmes n'auraient pas eu besoin de tout le soin que nous leur donnons. On n'aurait jamais été appelé réparateur. Ces femmes ont besoin d'être respectées [], il faut d'abord les considérer comme étant égales à nous les hommes. C’est dans la différence mise entre l'homme et la femme que se situe l’origine de ce qu’on peut appeler si vous me permettez l’infériorité de la femme. A ce niveau, nous entrons dans le processus même de sa destruction en oubliant qu'elle est égale à nous et créée à l’image de Dieu.  

‘‘De 1997 à nos jours, la femme, la jeune fille y compris le bébé du sexe féminin sont utilisées comme instruments de guerre à l’est de la RDC mais le monde garde silence ! Je travaille dans un contexte où ma vie est en centimètre à cause de multiple menaces de mort. Une fois j’ai été sauvé miraculeusement ! Suis médecin, gynécologue et obstétricien, je travaille beaucoup, je fais beaucoup la chirurgie mais suite à ce que je vivais au bloc opératoire, j'ai soigné les mères, j'ai soigné leurs filles, je commence à soigner leurs petits-enfants et cela n'est pas acceptable pour moi. Peu avant de venir en Italie, j’ai traité un bébé de 8 mois qui fut violée ! J’alerte le monde aujourd’hui à regarder ce qui se passe chez-moi au Congo’’.

Mukwege avoue que ‘‘notre pays est martyrisé, nous avons perdu plus de 6 millions de notre population à l’espace de 20 ans à cause de massacre successive, de faim, de manque de soins… C’est vraiment énorme ! C’est un pays où aujourd'hui où je vous parle, 4 millions de personnes sont des déplacées internes. Et quand je parle des déplacés internes ce ne sont pas des gens qui sont dans des camps de réfugiés ou des déplacés internes où on leur donne à manger, où on les soigne, mais qui sont abandonnés à eux-mêmes et donc abandonnés aussi pour mourir. Ils ont fui leurs villages pour chercher de la sécurité mais il n’y a aucune prise en charge. Donc, ils se cachent finalement pour mourir.

Il a fini son intervention en disant : ‘‘Je pense que crier moi-même ne suffit pas, j'ai besoin plutôt que les gens joignent leurs cris et je pense que plus on sera nombreux, des congolais et des amis des Congolais à crier, à dire trop c'est trop et, je pense qu’on finira par être entendu. Moi, je suis certain qu’un jour on sera entendu par rapport au drame que nous connaissons puisqu’il n’y a pas de paix sans justice’’. La conférence est finie dans un climat de solidarité autour d’un repas italo-congolais.

Depuis Cinisello Balsamo (Milan/Italie)

Christian-Reddy Nzashi, ssp

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