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Le livre connait de plus en plus la chute dans le marché ; plusieurs difficultés sont à la base de cette chute, entre autres les auteurs qui n’arrivent pas à satisfaire les lecteurs. Pour cela, nous nous sommes donnés le devoir de vous parler d’un jeune écrivain congolais, qui commence à gouter la saveur de la littérature.

Nous sommes allés à la rencontre de jeune prodige de la littérature congolaise, Youssef Branh. Il nous parle de son parcours d’écrivain, son amour pour la littérature et ses publications.

Médiaspaul : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire des livres ?

Youssef : Je ne sais pas comment c’est arrivé, il faut dire que c’était un peu comme un fardeau que je portais dans moi. Une lourde charge depuis tout petit. C’était un rêve depuis les classes primaires (4e, 5e …).

 

Médiaspaul : Quel est le titre de votre premier livre ? Quand l’avez-vous publié ?

Youssef : S’il faut parler de « mon » premier livre (pour dire à moi tout seul puisque ma première publication était un livre collectif) je dois dire que c’est IRRECONNAISSANCE – Poésie Noire de la Lumière Blanche publié en France aux Editions du Net en 2019.

 

Médiaspaul : Être écrivain, pour vous, c’est plus un métier ou une passion ?

Youssef : A présent, il faut dire que cela est un métier pour moi, une profession, un gagne-pain si je peux me le permettre bien que ce n’est pas toujours évident. Mais avant cela, c’était d’abord, une passion et au-delà d’une passion, c’était un appel auquel je devrais tôt ou tard répondre.

 

Médiaspaul : Quels sont les bons et les mauvais côtés du métier d’auteur ?

Youssef : Les bons côtés sont ces côtés positifs de tout ce qu’un métier peut donner à celui qui le pratique. Le pain quotidien d’abord, parce que si nous nous engageons à quelque chose c’est tout au fond pour gagner quelque chose de ce domaine-là à tel point que beaucoup aujourd’hui prient Dieu tout espérant que Dieu est une source pour gagner de l’argent par le simple fait de s’agenouer et crier fort son nom (pourtant c’est faux). A part cela, il y a aussi ce côté voyage, où l’auteur se rend compte qu’il va à la rencontre de lui-même, à sa rencontre. Se découvrir, entrer dans soi et y ressortir avec quelque chose de pas du tout ordinaire qui plaira sûrement au monde. Je préfère m’arrêter là puisque la liste est longue. Pour les mauvais côtés du métier d’écrivain, je pense que c’est d’abord le fait le manteau que l’on nous fait porter par nos proches, ce manteau d’intellectuel, sage, homme pas du tout ordinaire, celui qui n’a droit de faire ce que tous les autres font, celui qui ne peut pas écouter les musiques de la Street ou quelque chose du style, celui qui n’a pas le droit de s’habiller comme tout le monde, moi ça me dérange qu’on me prenne pour un extraterrestre parce que j’ai eu à publier un livre. Qu’on me prenne pour un responsable ou un gars qui a les poches remplies et tout. Qu’on me prenne pour une star ou quelque chose comme ça. Il y a aussi ce côté orgueilleux de la part d’écrivain de se croire supérieur aux autres parce qu’on a eu à se faire publier. Il y a ce côté critique littéraire à tout (en écoutant de la musique ou en lisant un livre), moi je pense qu’on devrait rester soi-même et authentique. Au-delà de tout ça, il y a le côté plus important, ce côté un peu boiteux de l’industrie éditoriale africaine pour ne pas dire congolaise tout simplement parce que ce problème tout sur la tête de tous les écrivains africains. Nous rencontrons des difficultés de se faire éditer par des sérieuses maisons d’éditions de chez nous. Moi personnellement, je ne me sens pas à l’aise de me faire éditer en France (puisque c’est là-bas où j’ai publié la plupart de mes livres) ou dans d’autres pays. Je pense que le patrimoine congolais devrait profiter des productions littéraires et culturelles de ses fils et filles. Je ne parlerai pas des côtés vente, distribution, référencement et autres puisque je pense que tout est inclus dans le concept « sérieuse maison d’édition ». Et le grand souci que j’ai moi, écrivain de la poésie est que la plupart de grandes maisons d’édition du continent ou de la RD Congo ne sont toujours pas prêtes à prendre des risques ou à investir pour la production des œuvres poétiques sous prétexte qu’elles ne sont pas très commerciales sur le marché pourtant la plupart d’auteurs congolais sont poètes et la population congolaise n’est déjà pas très lectrice des grands livres.

 

Médiaspaul : Où écrivez-vous ? À quel moment de la journée ? Combien de temps consacrez-vous à écrire ?

Youssef : J’écris n’importe où, n’importe quand mais j’écris le plus souvent quand je suis chez moi, dans le calme et la tranquillité. J’écris le plus souvent dans la nuit, dès 23 heures jusqu’à l’aube.

 

Médiaspaul : Lequel de vos livres a eu le plus de succès ?

Youssef : Confessions est mon livre le plus lu et le plus vendu et le plus apprécié si je peux me le permettre.

 

Médiaspaul : Est-ce facile d’être publié ?

Youssef : C’est facile quand on le veut, à présent il existe des éditeurs qui n’ont pas besoin de lire votre livre pour l’éditer. C’est facile actuellement de se faire éditer n’importe où. Mais le grand problème reste de comment, de quelle manière et où, dans quelle maison d’édition veux-tu te faire éditer. Là j’ai parlé d’édition de livre mais il y a aussi l’auto-publication qui prend de plus en plus le large au sein du marché littéraire à défaut d’éditeurs.

 

Médiaspaul : Quelle(s) difficulté(s) avez-vous rencontré pendant l’écriture de vos livres ? Comment les avez-vous surmontées ?

Youssef : Je ne rencontre aucune difficulté pour écrire, encore moins pour mon livre CONFESSIONS. On est poète, écrivain, je ne vois pas en quoi on doit avoir des difficultés pour écrire. Peut-être les bruits de la cité et autres quand on est soit sous le toit parental soit chez les amis. Mais je pense que c’est pour cette raison que Dieu a choisi que la nuit soit calme et douce. Il y a aussi le courant, c’est toujours un peu difficile avec le courant de la cité quand on écrit avec un PC ou un Smartphone mais moi pour écrire, je ne rencontre aucune de ses difficultés puisque j’ai une stabilité intense du courant électrique (Celui de l’Université de Kinshasa) chez moi et je n’habite pas avec les enfants ou les petites sœurs dérangeuses, juste avec mon ami et frère Samuel Rex.

 

Médiaspaul : Comment assurez-vous la promotion de vos livres ? Quelle est votre stratégie de promotion ?

Youssef : Les réseaux sociaux, l’Internet et les relations. J’ai travaillé avec la même stratégie que pratique ceux qui investissent dans le marketing relationnel pour la vente de mon livre mais il faut aussi le dire, je suis plus ou moins connu pour épuiser 100 exemplaires de mes livres. J’ai eu plus de commandes que des achats ciblés et forcés.

 

Médiaspaul : Que vous ont apporté la rédaction et la publication de vos livres ?

Youssef : Beaucoup, des choses que j’ai aimées et que j’ai eu à détester au fil du temps et aussi des choses que je ne regretterai jamais avoir reçu dans ma vie. D’abord, d’abord et d’abord l’argent sur le plan de publication de mes livres. Mais ce qui compte le plus pour moi, c’est l’amour que les gens portent pour moi. Le respect, le sourire, la joie et la paix. Les bénédictions des gens que je ne connaissais pas. Je pense que j’ai reçu plus des bénédictions de la part de mes lecteurs inconnus que de mes amis. Le livre m’a apporté l’amour des gens que je ne pensais jamais connaitre, l’amour du Révérend Père Roberto Ponti (lui qui m’a vu grandir depuis petit), l’amour de microMEGA le Verbivore qui me porte toujours dans son cœur aujourd’hui, l’amour de Harris Kasongo le poète qui reste encore mon coach jusqu’à présent et qui me prend toujours pour son disciple et l’amour de tous les autres. Il y a aussi ce que la rédaction de mes livres m’apporte, de la joie intense, de la découverte de soi, de la sagesse, de la remise en question sur ma personnalité et bien d’autres choses importantes.

 

Médiaspaul : Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite écrire un livre ? 

Youssef : De croire en lui, d’être sûr que n’importe qui peut écrire un livre, « je parle d’écrire un livre », n’importe qui, il suffit d’avoir quelque chose importante à dire, il suffit d’avoir une histoire, il suffit d’être un homme pour écrire un livre et aussi beaucoup écouter les écrivains que plutôt de les beaucoup lire car je pense que ce que disent les écrivains sont ce qui font les livres. Les écrivains disent ce qu’ils portent dans le cœur et dans le sang. Mais après, je n’interdis à personne de beaucoup lire.

 

Médiaspaul : Enfin, où peut-on se procurer vos livres ?

Youssef : Chez moi en me contactant sur ma page Facebook : Youssef Branh Officiel ou en m’écrivant sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , dans la librairie de la Halle de la Gombe, sur Amazon et encore chez moi.

 

Médiaspaul : Merci de nous avoir accorder votre temps et votre patience !

Youssef : C’est moi qui vous remercie !

Propos recueillis par Chéruben Botulu, ssp

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