A community in Congo
La Famille Paulinienne à Kinshasa
Kinshasha
City lights by night
Lubumbashi
Lubumbashi (formerly known as Élisabethville) located in the southeastern part of Democratic Republic of the Congo, is the second-largest city in the country.
Lire pour s'instruire
Médiaspaul RD Congo
Année vocationelle
2019-2020
Pacom - Centre d'étude
Festival du livre et de la Bible - Kinshasa
23-28 avril 2019
Kinshasa - Blvd 30 Juin
Année Biblique de la Famille Paulinienne

Tools
Typography

Depuis déjà 2 ans, nous fêtons Pâques dans les conditions peu habituelles à cause du monstre virus qui paralyse nos activités voire nos relations. Cependant, le rythme et l’intensité de notre foi demeurent pour peu intacte. Car, c’est en ce moment, que nous sommes appelés à expérimenter mieux à comprendre nos limites face à la grandeur de Dieu.

À première vue, en cette semaine sainte, de tous les événements qui sont survenus à Jésus et à son entourage, Il semble que le samedi saint soit le jour où il ne se passe rien. Rien de rien ! Et pourtant, ce « vide », ce « silence », (sens de mon titre : dans le silence et le vide du samedi saint) par tous les hommes et femmes, croyants ou non. Chacun de nous ici présent a déjà fait l’expérience du désarroi qui fait suite à un événement qui bouleverse sa vie : un accident, l’annonce d’une maladie grave, la mort d’un être aimé, une catastrophe, une déception. Et nous savons quel impact cela produit en nous. C’est le sens de ce que nous pouvons ressentir ce samedi.

Ainsi, le samedi saint, devient ce jour du silence, du vide, de la stupeur, de l’absence de tout repère. C’est le jour où, après avoir été assommé, choqué, écrasé, on accuse le coup. Le Samedi Saint est le jour où Dieu est encore caché. C’est un jour qui nous est donné pour assimiler tout ce qui est arrivé. Jour de douleur et d’espoir. Ce n’est pas un entre deux, pas une sorte de blanc entre l’intensité dramatique du vendredi saint et le retour de la joie dans la nuit de Pâques.

Si, le jeudi saint est le temps de l’amour partagé, du lavement des pieds, signe d’humilité, d’un grand amour que le Christ laisse à son Eglise, et de l’institution de l’Eucharistie appelée à la célébrer en mémoire de lui. Le vendredi saint est le temps de l’amour réalisé. Il est l’unique mystère de la mort et de la résurrection du Christ donné depuis le « point de vue » du pied de la Croix, le samedi soir, il nous est donné « en mystère », c’est-à-dire in via dans le clair-obscur des sacrements de Pâques, le dimanche dans la clarté cristalline du matin de la résurrection. Le mystère terrible du Samedi saint, son abîme de silence, son vide béant, a donc acquis, à notre époque, entiché par la crise pandémique, une réalité écrasante.

Ainsi, dans le vide béant, dans le silence épris de peur et de torpeur, de d’espoir et désespoir, de joie et de jouissance, de paix et de tranquillité, le samedi saint est le jour de l’attente, de la persévérance et de l’espérance en dépit de tout, de la confiance et de la suffisance qui fait dire : « tu es mon Dieu; je n’ai pas d’autre bonheur que toi. » C’est le jour de l’attente; c’est la nuit du guetteur. Et, au milieu de la nuit, soudain un cri se fait entendre « voici l’époux qui vient; allons à sa rencontre » Mt 25, 6.

Attendre la résurrection dans le silence de l’amour

Peu de fois, nous nous rendons compte du silence de Dieu dans notre vie. Le samedi Saint, est l’une d’expression plus vraie et plus directe de l’expérience du silence de Dieu. Comme le dit mieux le père Emile AMOUGOU « La Parole de Dieu se fait silence. Le corps du Christ n’est plus suspendu au bois. A l’Incarnation, rappelons-3 nous, le Fils fut enveloppé de linges et placé dans un berceau de circonstance : une mangeoire, symbole du pain rompu pour l’humanité. Et voici qu’à la Passion, avec le même amour silencieux, le Sacré-Corps de Jésus livré pour nous a été enveloppé dans un linge et mis dans un tombeau de circonstance où il reposera jusqu’à l’aube du jour après le sabbat. Comme pour nous rappeler de sa parole « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12, 24).

En effet, Dieu qui est caché nous invite à l’amour du silence. Il se révèle dans le silence du frère qui souffre à côté; il se manifeste dans le pauvre qui frappe à la porte de notre couvent. Nous revivons ce silence extraordinaire aujourd’hui entre la mort et la résurrection. Dieu, dans Jésus Christ, partage notre mort dans la solidarité la plus radicale. Le Fils fait silence pour laisser parler le Père. Comme pour nous dire qu’il faut laisser un moment pour voir exaucer nos prières. Cela prendra exactement le temps de Dieu. Voilà pourquoi, il nous est nécessaire la patience.

En ces jours incertains, nous sommes appelés à vivre, comme nous le fait remarquer le Père Gilles Drouin, dans l’intériorité et la charité ce long samedi jusqu’au jour dont la venue est aussi certaine et lumineuse qu’une belle aurore pascale, jusqu’au jour d’étreintes peut-être plus humaines que le jour d’avant, jusqu’au jour d’assemblées véritablement eucharistiques où, peut-être, nous ferons un peu moins semblant de faire corps, enfin, débarrassé de quelques-uns de ses miasmes qui nous empoisonnent la vie, depuis beaucoup plus longtemps que cette pandémie à corona virus nous paralyse !

Puisse le Christ, inspirer dans le silence de notre cœur la vie nouvelle qu’il nous porte à travers sa mort et sa résurrection. Prions avec le pape Benoît XVI : « ô Seigneur, nous ne pouvons que te secouer, toi, Dieu qui demeures en silence et qui dors, et te crier: réveille-toi, ne vois-tu pas que nous coulons? Réveille-toi, ne laisse pas durer pour l’éternité l’obscurité du Samedi saint, laisse aussi tomber sur nos jours un rayon de Pâques, joins-toi à nous lorsque nous nous dirigeons, désespérés, vers Emmaüs, pour que notre cœur puisse s’enflammer à ta proximité. Amen ».

Accordion