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Voici les mots que l'archevêque coadjuteur de Kinshasa Mgr Fridolin Ambongo a prononcé hier, dimanche 11 mars 2018, à la fin de la célébration eucharistique où le Cardinal archevêque Laurent Monsengwo Pasinya l'a présenté au clergé et au peuple de Dieu.  

Eminence Laurent Cardinal Monsengwo, Archevêque Métropolitain de Kinshasa,
Chers frères et sœurs dans le Seigneur,

C’est avec une grande émotion de joie que je prends la parole au terme de cette eucharistie, en ce jour de grâce où l’archidiocèse de Kinshasa m’accueille comme son Archevêque Coadjuteur de Kinshasa.

1. « Rendez grâce en toute circonstance… » (1 Thess 5, 18)

Je rends grâce à Dieu qui, malgré mes faiblesses et mon indignité, m’a fait confiance. Il m’a choisi dès le sein de ma mère, il m’a envoyé pour travailler dans sa vigne.

Je remercie de tout cœur Sa Sainteté le Pape François, ici représenté par Mgr Rastislav Zummer, le chargé d’Affaire a.i. à la Nonciature Apostolique, pour la grande confiance dont il m’a témoigné en me nommant Archevêque coadjuteur de Kinshasa.

Mes remerciements s’adressent également à Vous, Eminence Laurent Cardinal Monsengwo, archevêque métropolitain de Kinshasa, pour l’accueil combien chaleureux et fraternel que vous m’avez réservé depuis l’annonce de ma nomination et la totale confiance dont vous me témoignez. Je suis impressionné, Eminence, que depuis l’annonce de ma nomination, vous avez adopté l’attitude de Jean-Baptiste à l’égard de Jésus : « il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue » (Jn 1, 30). Merci pour ce témoignage  et ce modèle de l’humble serviteur inutile !  Quel bel exemple de transition !

A vous les Evêques auxiliaires, à vous les prêtres membres du clergé séculier et régulier, vous tous religieux/ses et consacrés œuvrant dans l’archidiocèse de Kinshasa, j’exprime ma profonde gratitude pour votre accueil chaleureux et fraternel. J’attends de vous tous, chacun selon son charisme, une franche et sincère collaboration dans un esprit de fraternité et de communion.

A vous tous, distingués invités, vous les fidèles laïcs de l’Eglise-famille-de-Dieu à Kinshasa, je dis merci de tout coeur pour l’enthousiasme avec lequel vous avez accueilli ma nomination et pour tous les gestes d’amour que vous ne cessez de me manifester depuis mon arrivée à Kinshasa.

2. « Je suis la lumière du monde… » (Jn 8, 13)

A mon ordination épiscopale le 06 mars 2005 à Bokungu, j’avais choisi comme devise « Esto lumen mundi » ce qui signifie « Sois la lumière du monde ». N’est-ce pas là l’identité des disciples de Jésus tel qu’exprimer par lui-même lorsqu’il dit : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 14). Or, nous ne pouvons être « lumière du monde » que si nous sommes connectés à Jésus-Christ qui s’est présenté comme la « lumière du monde » : « Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 13).

Or, la vraie lumière du Christ illumine le monde et fait reculer les ténèbres. La clarté de la lumière permet de voir le réel dans sa globalité.  La lumière aide à distinguer le bon du mauvais, le vrai du faux, le beau du laid.  Avec ma devise, j’ai toujours voulu inscrire mon ministère épiscopal et pastoral sous le signe de la lumière du Christ. Et je m’efforce, dans tout ce que j’entreprends, d’être moi-même, avec la grâce de Dieu, source de lumière pour les autres. 

Je voudrais vous inviter à vous inscrire dans la perspective de cette lumière du Christ qui nous a dit : « Vous êtes la lumière du monde…. De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5, 14-16). Comme Son Eminence l’avait dit, il y a dix ans, au jour de sa prise de possession canonique du siège métropolitain de Kinshasa, je voudrais chanter avec vous : « Kinshasa, teleme ongenge na mwinda mwa Kristu » (« Kinshasa, lève-toi et brille de la lumière du Christ »).

3. « Je suis le bon berger…. » (Jn 10, 11)

Je viens chez vous et parmi vous comme un pasteur, un berger sur les pas de Jésus-Christ, le Bon Pasteur, le Bon Berger. Si je dois décrire ma mission, j’emprunterais les paroles tirées du livre du prophète Isaïe que Jésus-Christ s’est appliquée à lui : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce qu’il m’a conféré l’onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé proclamer au captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année de grâce par le Seigneur » (Lc 4, 18-19).

Je viens donc à Kinshasa pour une mission d’évangélisation, je viens pour une mission du salut intégral de tout homme et de tout l’homme.  Tout homme signifie qu’avec la grâce de Dieu, je veux être le pasteur de vous tous sans distinction, sans discrimination et sans exclusion. Ce salut intégral pour lequel je veux œuvrer touche la personne humaine sous ses quatre dimensions fondamentales, à savoir : la dimension spirituelle, la dimension économique, la dimension politique et la dimension socio-culturelle qui comprend particulièrement l’éducation, la santé et la culture

Sur les pas de Jésus-Christ, je veux être ce bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis.

  1. « Ne vous faites pas appeler « Maître », car vous n’avez qu’un seul Maître et vous êtes tous frères » (Mt 23, 8)

Fidèle à cette prescription de Jésus-Christ, notre Seigneur, je viens parmi vous  comme un frère, comme un père pour que nous construisions ensemble une communauté fraternelle à l’image de la première communauté chrétienne où tous « n’avaient qu’un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32).

En vous redisant toute ma gratitude, il ne me reste plus qu’à confier mon ministère épiscopal à Kinshasa à la protection de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo.

 

Fait à Kinshasa, le 11 mars 2018

Mgr Fridolin AMBONGO BESUNGU, ofm cap

Archevêque coadjuteur de Kinshasa

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