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« … Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6,4)                                                                                                                       

Chers frères et sœurs, 

  1. Il y a deux gestes liturgiques qui sont posés pendant la semaine sainte et qui donnent un sens particulier à la vie chrétienne, telle qu’elle est entendue par l’Eglise. 
  1. D’une part, l’Eglise demande aux prêtres de renouveler leurs engagements sacerdotaux pendant la messe chrismale. D’autre part, à la Veillée pascale, elle demande à toute l’assemblée de renouveler ses engagements du baptême. Le sacerdoce ministériel et le sacerdoce commun des fidèles se rejoignent dans la mort et la résurrection du Christ.
  1. Or, si le sacerdoce ministériel est conféré par une consécration et une ordination sacramentelle qui configure la personne au Christ, Tête de l’Eglise, ladite ordination est orientée vers le service du peuple de Dieu, dans la construction du Corps du Christ, qui est le sacerdoce royal de tous les baptisés. 
  1. Ces deux gestes signifient dès lors que le mystère de Pâques est une réparation et une rénovation du désordre causé par le péché des premiers parents. Aussi dans le baptême est-on plongé dans la mort avec le Christ pour ressusciter avec lui, afin que, comme le Christ est mort et ressuscité et qu’il ne meurt plus, nous aussi nous menions une vie nouvelle (Rm 6, 3-5). 
  1. Pâques, c’est l’enterrement du vieil homme, crucifié avec le Christ, afin de mener une vie nouvelle exempte de péché de façon durable (ibid. 6, 5-7). 
  1. Pâques, c’est mourir avec le Christ pour ressusciter avec lui. On meurt au péché une fois pour toutes ; on ressuscite pour une vie nouvelle, qui soit une lutte permanente qui tende vers la sainteté. 
  1. Pâques, c’est la rénovation, le renouvellement du salut de Dieu pour une vie nouvelle dans le Christ. Vie gâchée par le 1er Adam et la 1ère Eve, qui introduisirent le péché dans le monde ainsi que la mort (cfr Rm 5, 12). Mais, là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. Aussi dans le baptême est-on plongé dans la mort avec le Christ pour ressusciter avec lui. 
  1. Ressusciter avec le Christ, c’est être tiraillé entre deux lois : le fait que d’une part on est libéré du péché et d’autre part qu’on est traîné vers le bas, vers la chair, vers l’empire du péché. Ce que nous voulons faire, nous ne le faisons pas et ce que nous ne voulons pas faire est à la portée de notre action (Rm 7). 
  1. Pâques, c’est être libérés par l’Esprit qui opère en nous le vouloir et le faire (Phil 2, 13). « Renouvelé et transformé par l’Esprit de Dieu donné par Jésus, le croyant peut obéir à la volonté de Dieu qui n’est plus pour lui une contrainte extérieure, mais la loi intérieure de sa vie nouvelle» (TOB, pg 472, note 8°). 
  1. Désormais ce n’est plus l‘économie de la loi ni celle de la chair, mais l’économie de l’Esprit qui règle la vie du croyant. « Ceux qui sont animés par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Rm 8,14). Ils ne sont plus esclaves, mais fils et appellent Dieu : « Abba, Père» (cfr 8, 15). Fils avec le Christ, ils sont désormais héritiers,  cohéritiers du Christ, destinés à sa gloire, puisqu’ils participent à ses souffrances ( cfr 8,17). 

Chers frères et sœurs, Christ est vivant, alléluia 

Soyons dans l’allégresse, alléluia ! 

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

           Archevêque de Kinshasa

Cathédrale Notre Dame du Congo, 01.04.2018

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